Violez-moi, je porte un string !

Ce n’est pas la première fois en Europe que des violeurs ont été jugés non coupables. En juillet 2016, une jeune femme âgée de 18 ans a été violée par cinq hommes en Espagne. Se surnommant eux-mêmes « La meute », les juges ont condamnés les hommes pour abus sexuel mais n’ont pas pris en compte l’accusation de viol. Ce jugement a été motivé par le manque de résistance de la jeune femme qui ne présentait aucun signe de défense ou d’opposition : « on ne voit pas d’agression sexuelle, on voit des relations sexuelles, point. », soutenait l’avocat d’un des agresseurs. La victime a donc été jugée coupable car sa soumission serait révélatrice de son consentement. Malgré de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux, aucune des deux jeunes femmes n’ont été entendues ou défendues par la justice.

Alors que les jeunes filles sont devenues les cibles des publicitaires favorisant l’hypersexualisation précoces de ces dernières ; la justice donne raison à ses violeurs en soutenant la culture du viol. Un tel modèle est réducteur pour les deux sexes. La femme serait alors perçue comme un objet mis à disposition pour ceux qui pourraient justifier la raison de leurs agressions. Et l’homme serait défini par un esprit primitif ne pouvant résister à ses propres pulsions sexuelles (les femmes n’ayant pas de pulsions sexuelles évidemment). Notre justice alimente donc un schéma de bourreau-victime ; d’un sexe plus faible qui devrait subir les névroses du sexe plus fort et qui mériterait d’être pardonné. Avec de tels clichés sur la sexualité, on déresponsabilise les actes de certains hommes. Mais on accuse les femmes victimes d’une société de consommation misant la plus grande partie de ses techniques de vente sur le sexe ; de l’avoir « bien cherché ».

Pas étonnant alors que 27 % des français considèrent qu’une femme vêtue d’une manière « sexy » ou qui adopte une attitude perçue comme provocante suffirait à estimer la victime coupable de son propre viol. Ainsi, notre société accepte le viol tant que celui ci n’est pas visible et réel. De toute façon, nous préférons déjà fermer les yeux comme le révèle les différents témoignages d’agressions sexuels où personne n’a choisit d’apporter assistance à personne en danger. Notre lâcheté minimise le viol qui pourtant laisse des séquelles dans la vie d’une femme : traumatismes psychologiques, dépression, troubles du comportement, suicide…

La minimisation du viol et de ses conséquences sur le bien être psychologique est une entrave à l’émancipation féminine et à notre liberté personnelle. Ces drames malheureusement encore trop fréquents de nos jours, soulignent l’incapacité de la justice à protéger ses citoyens et à défendre leurs droits. En facilitant l’expression et l’affirmation de notre sexualité dans une société où seul l’homme a l’honneur de le faire, la femme reprend ses droits et brise cette conception d’une soumission souhaitée ou méritée. Malgré le mouvement #MeToo qui a permis d’ouvrir une discussion sur ce dernier, le viol n’est toujours pas pris au sérieux. Même sans l’aide de nos institutions, il est de notre devoir de femme et d’homme d’aller de l’avant et d’éveiller les consciences. Ainsi, le viol ne doit pas être minimisé, normalisé ou pardonné. #NousToutes ; NON au viol et à sa mystification, OUI aux femmes libres et protégées ! Rejoignons le mouvement et la marche du 24 novembre pour que « #MeToo soit suivi d’actions ».

N’oubliez pas de signer la pétition pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles en cliquant ici.

Voir la publication sur instagram

3 commentaires sur « Violez-moi, je porte un string ! »

  1. En lien avec votre article en écho avec l’actualité irlandaise de 2018 (#thisisnotconsent). Plasticienne, des femmes indignées par l’acquittement d’un violeur, ont accepté de prêter un string, ce petit bout de tissu, symbole de culpabilité supposé, que je dessine épinglé ?
    A découvrir le tout début de la série : https://1011-art.blogspot.com/p/thisisnotconsent.html
    Et aussi en écho, une oeuvre plus pudique intitulée « Noli me tangere » sur l’inviolabilité du corps de la femme : https://1011-art.blogspot.fr/p/noli-me-tangere.html

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